En finir avec la grossophobie!

Août 3, 2018 | 6 commentaires

Il y a quelques temps, j’ai entendu quelqu’un poser la question suivante à une grosse femme : « Que répondez-vous à ceux qui disent que c’est de votre faute si vous êtes grosse? » Sa réponse « Oui, être grosse est une maladie d’égoïste. » m’a jetée par terre. Cette personne a répondu en fonction de son expérience et de ses croyances, laquelle ne peut en aucun cas être généralisée à l’ensemble des personnes grosses. 

Chaque femme porte son histoire, sa sensibilité, ses modes d’adaptation et ses défenses. Le rapport à la nourriture est très complexe et sert une fonction dans l’histoire de chacune. Les raisons pour lesquelles les femmes deviennent grosses n’ont d’égales que le nombre de femmes qui en souffrent.

Toutes les sociétés se sont octroyées le droit d’utiliser des groupes d’individus pour ventiler leurs frustrations, projeter leur mal-être ou déposer leur peur de la différence. Aujourd’hui, les grosses font partie de ces groupes et subissent un body shaming omniprésent et écrasant. Depuis plusieurs années, il est socialement admis de juger et de ridiculiser les grosses. 

La grosse femme ne peut cacher sa condition et devient donc une cible facile pouvant être profondément atteinte dans sa dignité et son estime. Elle vit dans la honte de son corps et de qui elle est.  Vous n’avez qu’à imaginer la grosse fille en amour avec le beau gars… Le ridicule ne tue pas, mais le jugement qui le sous-tend peut créer des blessures profondes. 

Très récemment, Netflix a annoncé la sortie de la série Insatiable qui a fait l’objet de pétitions et de dénonciations parce qu’elle encourage la grossophobie. À ce sujet, Marie-France Goyer écrivait dans La Presse du 28 juillet dernier : « Selon plusieurs chercheurs il s’agit (la grossophobie) de l’une des formes de stigmatisation les plus répandues et acceptées socialement. En Amérique du Nord, les personnes grosses – principalement les femmes, dont le corps fait l’objet d’un plus grand contrôle social – font face à la discrimination dans plusieurs domaines tels l’emploi, le milieu scolaire, les représentations médiatiques, l’intimité émotionnelle et sexuelle et les soins de santé physique et mentale. »

La grosse femme dérange. Elle n’adhère pas à l’idéal collectif. On la considère faible et sans volonté, c’est de sa faute. Mais quelle faute a-t-elle commise? Ne pas réussir à maigrir malgré ses efforts alors qu’il est prouvé que les diètes ne fonctionnent pas? Ne pas faire le même choix que les autres? Ne pas se soumettre aux diktats des canons de la beauté? Ne pas savoir comment se libérer d’une compulsion? La grosse femme devrait savoir comment contrer cette force intérieure qui l’amène dans cet état et l’y maintient. Pas d’excuses. L’idéologie « pas d’excuses » enferme les personnes touchées dans un cercle infernal de tentatives, d’échecs, de jugement, d’érosion de l’estime de soi et de réconfort à l’aide de la nourriture. 

Le body shaming et la grossophobie sont des conditionnements mentaux qui ont investi l’inconscient collectif dans toutes les strates de la société et se sont répandus à l’échelle de la planète. Rares sont les sociétés épargnées. Mais on peut changer ce conditionnement. Chaque femme qui s’en libère est un exemple qui influence d’autres femmes et crée un effet de boule de neige. Il est temps de se rebeller contre ce courant de jugement, de mépris et de contrôle qui enferme la presque totalité des femmes dans un état d’insécurité permanente au sujet de leur corps. S’aimer et s’accepter est la voie de la rébellion qui mène à la liberté et à la récupération de son pouvoir sur sa vie.  

Heureusement, le body shaming et la grossophobie sont de plus en plus dénoncés. Le seul fait que la série Insatiable ait causé un tel tollé en est la preuve. Il y a dix ans, ce serait passé totalement inaperçu. Un mouvement de fond à l’échelle de la planète est en train d’émerger. Des femmes de toutes tailles et formes se lèvent et s’organisent pour revendiquer leur droit d’être et de s’aimer telles qu’elles sont. En faites-vous partie?

À la personne qui me dirait que c’est de ma faute si je suis grosse, je répondrais : « Pourquoi penses-tu ça?  Ça veut dire quoi c’est de ta faute? » Puis j’attendrais tranquillement la réponse en me considérant avec bienveillance. Il revient à cette personne d’expliquer d’où lui vient SON jugement. Mais en bout de ligne, n’est-ce pas toujours un manque d’amour de soi et des autres?

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